02 janvier 2008

Entre « hip » et « hype », il faut choisir !…

Posté par Eric De Rugy dans Point de Vue

080201_hype

Juste avant Noël Arte a consacré un théma à la « hip culture », celle de Gainsbourg, de Libé, d’Actuel, des Kinks ou des Inrocks (et de bien d’autres).

L’occasion de faire enfin la différence entre les termes « hip » et « hype », tous deux issus de l’anglais, le second étant hélas utilisé à tort et à travers par des gens qui n’en connaissent pas le sens. Quiconque prendrait soin de vérifier le sens de ces deux mots dans un dictionnaire anglais y trouverait pourtant les définitions suivantes (Random Dictionary – édition 2006) :

- « Hip » (adj.) :

1.    Familier ou informé des dernières idées, styles, développements…

2.    Considéré comme connaisseur ou au courant de ce qu’il faut savoir, mais sur un registre détaché, cool.

- « Hype » (nom) :

1.    Promesse ou approche pernicieuse ou discutable destinée à intensifier l’effet d’une publicité, d’une promotion, etc.

2.    Publicité exagérée, discours ou écrit visant à tromper ou à masquer un problème.

3.    Escroquerie, tromperie.Dans les pays anglo-saxons, et plus particulièrement en Angleterre où ils sont bien placés pour connaître ce phénomène, la « hype » décrit, par extension, ce groupe d’individus et de médias qui fabriquent de la hype, autrement dit qui s’entendent plus ou moins ouvertement pour porter artificiellement aux nues des produits ou des événements qui ne susciteraient aucun intérêt auprès du public sans ce soutien pseudo spontané (un boys band, par exemple).Il est donc très flatteur effectivement de se déclarer hype ! Quant à suggérer à un annonceur anglo-saxon que l’on a choisi tel thème ou tel talent parce que c’est « hype », c’est renforcer les stéréotypes sur le monde publicitaire, dont beaucoup pensent encore hélas qu’il ne se nourrit que de fausses valeurs pour fabriquer des baudruches éphémères.Sur un autre registre, appeler un projet artistique la « Hype Gallery », c’est mettre en évidence (auprès des anglophones en tout cas) toute l’image négative du monde de l’art, où l’on suspecte que de nombreux artistes sont montés en épingle pour des raisons peu avouables, afin de gonfler leur cote financière de manière artificielle.

Pour clore ce billet d’humeur, il est amusant de noter que dans le dernier numéro de Marie-Claire (encore en kiosque), une journaliste réussit l’exploit de consacrer quatre pages, avec appel en couverture, sur ce phénomène dont elle ne comprend visiblement pas un mot (c’est le cas de le dire). Après ça on va encore dire que les féminins sont superficiels !…

En tout cas, merci à Arte d’avoir rappelé ce qui devrait être des évidences, et merci aux Inrocks, qui ont consacré une double page à cette émission et à son sujet.

Et une bonne année super-hip à tous nos lecteurs.

5 Réponses to ' Entre « hip » et « hype », il faut choisir !… '

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  1. alex said,
    on janvier 2nd, 2008 at 11:17

    article follement hip!!

  2. beN said,
    on janvier 2nd, 2008 at 19:53

    Yeah! Ça c’est bien parlé ;)

  3. benoit said,
    on janvier 3rd, 2008 at 15:13

    Cf. Don’t Believe the HYPE de Public Enemy.
    En gros faites pas confiance à ceux qui font les buzz

  4. on janvier 7th, 2008 at 9:03

    [...] Le mouvement, créé à l’été 2007 à Paris, commence à faire des émules à Angers, Marseille, Lyon et Clermont-Ferrand. Et qui semble plutôt hip ! [...]

  5. Jean said,
    on janvier 19th, 2009 at 11:56

    Intéressant, merci !

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