
On en connait tous au moins un dans notre entourage.
Lassé par l’omniscience des réseaux sociaux, espérant initier une tendance sociétale majeure et attendant avec impatience la prochaine plateforme edgy, il avait décidé de mettre fin à ses jours, virtuellement, évidemment.
Quelques semaines, quelques mois passent, Facebook déploie sa tentaculaire influence, ses adeptes lorgnent de plus en plus du côté du mainstream, les annonceurs frétillent, tout se passe comme prévu, c’était écrit, c’est formidable, il a senti le vent tourner avant tout le monde, il est génial et anticonformiste, il jure aux grands dieux qu’il a décidé de se réconcilier avec la vie réelle.
Et puis Facebook poursuit son inexorable progression dans le monde sans rencontrer d’autres résistances que celles de quelques fondus de la class action chipotant sur l’exploitation de leur données personnelles, insolemment placardées sur leur profils, à la merci des marketeurs du monde entier.
Il a misé sur la mort, le voici récompensé d’une soif de vie généralisée.
La queue entre les jambes et la souris en berne, il se résigne à réemprunter le sentier pixellisé de la vie sociale, après une année passée à courir derrière ses amis, bien trop occupés à réseauter ou se gargariser de leurs dix ouvrages favoris en vente sur Amazon.
Facebook l’avait prévenu : le doute est permis, on ne choisit pas ses amis, son compte n’est pas fermé mais suspendu. Il l’attendra le temps qu’il faudra. Mark Zuckerberg est patient, les marques aussi.
Il suffira d’un clic pour renouer avec l’expérience passée.
Rien n’a changé ou presque.
Personne ne l’attend, il recommence à perdre son temps en toute tranquillité.Il en regretterait presque la notoriété Marc L.