Affiches polonaises: le nouveau « must » ?
« L’art naît de contraintes… » disait André Gide.

Déjà, dans l’une des précédentes veilles, nous avons abordé la question de la réglementation en matière de publicité sous l’angle de la contrainte comme stimulus de la créativité. Exemple connexe, sur un autre média : les affiches de films, avec l’exemple de la Pologne du pacte de Varsovie.
A l’époque, l’industrie cinématographique polonaise devait composer avec la censure du Politbüro lorsqu’il s’agissait d’importer un film en provenance de l’Ouest, susceptible d’être porteur des valeurs du capitalisme. Elément central de la promotion d’un film, les affiches conçues de l’autre côté du rideau de fer devaient elles aussi bien souvent être revues et corrigées pour espérer obtenir l’autorisation du régime.
C’est ainsi que les créateurs d’affiches polonais ont développé au fil du temps une certaine prédisposition pour le surréalisme et les métaphores visuelles, lesquelles leur permirent, tout en satisfaisant aux critères érigés par les technocrates, de glisser des messages subversifs à l’attention des spectateurs.
Par ailleurs, du fait du décalage technologique accumulé par le bloc de l’Est – particulièrement sensible vers la fin des années 80 où commençaient à se répandre le dessin assisté par ordinateur et autres techniques numériques de retouche d’image–, les artistes en charge de la création de ces affiches durent tirer pleinement parti des techniques plus traditionnelles comme le dessin, lesquelles sont peu à peu tombées en désuétude pour ce support dans notre pays.
D’où, aujourd’hui encore, des affiches radicalement différentes de celles que nous pouvons connaître, et ce malgré la chute du mur :
On est loin des canons banalisés – et automatisés ?… – de leurs cousines d’Hollywood. Une bonne occasion – entre deux achats impulsifs pour refaire la déco de votre appartement – de réfléchir à cet étrange paradoxe créatif : avoir carte blanche ne laisse pas nécessairement libre champ aux idées géniales. Pour les voir germer, rien ne remplace, dans certaines limites, des éléments structurants avec – ou contre – lesquels se construire.
Pour encourager ceux qui savent intégrer ce type de contraintes, précisons qu’aujourd’hui l’engouement pour les affiches polonaises de cette époque va croissant, à tel point qu’elles suscitent des documentaires traitant de leur signification historique et culturelle emblématique, tel Freedom on the Fence:
Et si vous voulez vous aussi accueillir un témoignage de cette tradition dans votre salon, rendez-vous sur un des nombreux sites qui se sont spécialisés dans le commerce de ces affiches, tel http://www.polishposter.com. Attention cependant : il n’est pas rare que les prix frôlent les $200 à $300…
Le prix de la disruption ?



polishposter.com est une vraie mine à pépites!
Vraiment intéressant..
thanx for sharing
:wink: