Internet, espace de liberté… et de reproduction sociale

2008 aura été l’année marquée du sceau des réseaux sociaux. Personne n’y a coupé. Ces nouveaux outils, jadis réservés aux « digital natives », provoquent une ruée du grand public pour « rester connecté ». A titre d’anecdote, Facebook doit sa croissance à deux chiffres des 6 derniers mois aux plus de 55 ans…
2008 fut l’année du recrutement de masse pour les réseaux sociaux généralistes, 2009 sera –ou ne sera pas – l’ère du réseau social de niche, actuellement limité à quelques happy few désireux de marquer leur singularité vis-à-vis du vulgum pecus. En effet on voit éclore çà et là des plates-formes d’échanges thématisées selon toutes les particularité socio-culturelles imaginables.Première observation : une réaction de rejet face aux nouvelles mégamarques « 2.0 » analogue à celle que connurent leurs ainées (Coca-Cola, McDonald’s, Microsoft…) dans les années 90 et 2000 : trop célèbres, trop visibles, trop puissantes, elles essuyèrent les foudres des consommateurs lassés, chacun préférant être considéré selon ses particularismes.
Seconde observation : l’apparition d’une offre segmentée pour recoller aux désirs de singularité des consommateurs. Ce qui se traduit par des réseaux thématisés (religions, affinités culturelles ou sexuelles, classe sociale) et segmentées (accès basique, premium, super premium…).
Small World avait initié la tendance des sites réservés aux très riches, The Sphere fait un pas de plus en avant en tarifant ses prestations à un niveau quasiment jamais atteint pour un service en ligne : 3 000 € l’abonnement annuel !
Nos vies virtuelles commencent furieusement à ressembler à nos vies réelles…
On est bien loin du mythe fondateur de l’internet, basé sur l’accès universel et gratuit aux informations.