Quand le syndicat s’inspire de grands cas

Un film publicitaire qui vante la publicité, ce n’est pas ordinaire. Face à la pénurie d’avis sur la question et l’évidente défaite du prêt-à-penser à ce sujet (c’est rare), nous nous sommes creusés les méninges.
Nos conclusions sont… un peu vides.
Ca commence par une compilation à la sauce hollywoodienne des films qui ont marqué l’année 2009 : Orangina, Nissan, Ikea… Tous les hits y passent. Ca se termine par 4 mots : action, émotion, humour et glamour, « la pub télé, c’est pour ça qu’on l’aime ».
Gosh!
Difficile de renchérir derrière une telle débauche de spectacle. Qu’est ce qui nous vient à l’esprit après la vision de ce spot ? Plusieurs choses :
La première, c’est le message politique de ce film, énième preuve du marasme économique qui sévit du côté des médias. Quand un modèle économique se trouve réduit à assurer sa propre promotion, ça en dit long sur la volonté de « signal fort » (jargon CAC40 ® approuvé) envoyé à la profession (agences ou annonceurs).
La deuxième, c’est le décalage entre le grand public qui a visionné ces ovni sur les grandes chaines (des Monsieur Tout le monde) et l’audience habituelle de ces communications, à savoir les gens travaillant dans les médias, la publicité ou le marketing. Les consomm’acteurs seront-ils demain des acheteurs médias?
La troisième, c’est l’éternelle ambivalence du goût des Français pour la publicité dont le film du SNPTV fait l’écho… Pas une étude ne saurait livrer les mêmes résultats, pas un sondage ne fixe clairement une image précise du ressenti de la population pour la réclame. A croire que la manière de poser les questions où les résultats attendus manqueraient d’objectivité… Ou comment rajouter un peu de confusion au débat.
La quatrième est plus personnelle. Elle témoigne à mon sens d’une démarche de reconsidération des consommateurs. Qôôôôa ? Oui, je pense qu’en faisant sa propre pub, la pub se démystifie. Elle engage la conversation d’égale à égale avec les consommateurs. Plutôt que d’essayer de lui refourguer de la lessive ou des assurances, la pub ose descendre de son piédestal par une subtile mise en abyme signifiant :
« Les relations entre cibles et marques c’est terminé, nous savons que vous savez nous comprendre, nous décoder, nous aimer aussi. Plus besoin d’essayer de vous amadouer bêtement ».
Ce n’est pas une panégyrie mais un mea culpa. Le SM et les golden showers à la Fred & Farid, c’est fini.
La prise de pouvoir des consommateurs permise pas les médias digitaux auraient-ils contaminé la sacro sainte petite lucarne ?
Qu’est ce que vous en pensez ?

[...] Men triomphe aux Golden Globe, The Gruen Transfer a fait des scores exceptionnels en Australie, le SNPTV fait de la pub pour la pub… Sans parler des campagnes [...]