Sharon Stone vs Benjamin Button

Le visage de Sharon Stone sur la couverture du Madame Figaro du 29 janvier a fait couler beaucoup de salive dans mon entourage et, je présume, ailleurs. Ne serait-ce que parce qu’on pouvait légitimement se demander si c’était bien elle. Ses traits sans âge, cireux et métalliques à la fois, donnaient l’impression que la photo avait été prise au musée Grévin et constituaient un étrange contrepoint à la même star figurant en 4ème de couverture du même numéro, sous pavillon Dior, dans une version plus lumineuse du syndrome de Dorian Gray.
Le besoin de rester jeune est un réflexe vieux comme le monde. Aïe, je n’aurais pas dû employer le mot vieux, apparemment banni du vocabulaire contemporain, plus particulièrement chez les femmes. D’ailleurs il n’y a rien de répréhensible à vouloir montrer sa jeunesse de corps et d’esprit, et les marques de cosmétiques en usent depuis longtemps. Mais lorsqu’on passe du « rester jeune » au « rajeunir », comme la couverture du Elle de la même semaine le plastronnait, les pratiques actuelles tournent à la caricature.
Il n’y a pas si longtemps, Sharon Stone, comme ses consœurs, et peut-être même moins que certaines, tentait d’effacer à coup de trucages photo quelques années sur son visage. Aujourd’hui, c’est en décennies que se comptent les tricheries, grâce à Photoshop. Le résultat est doublement pathétique, puisque d’une part les stars deviennent méconnaissables (avant que la chirurgie esthétique ne fasse le même travail, mais en vrai…) et d’autre part elles semblent plus jeunes qu’il y a quelques années. Comme si le scénario de Benjamin Button devenait réalité.
Le rêve a toujours été un moteur de la publicité, et en particulier de l’industrie de la beauté. Faut-il pourtant tomber dans des excès qui décrédibilisent à ce point le discours. On n’arrête pas de nous dire, à juste titre, que les consommateurs/trices ont changé, sont devenus experts, décodent les mécanismes du marketing, etc. Peut-on donc imaginer les berner à ce point ? Un visage humain légèrement retouché ne fera pas moins bien le travail qu’une prétendue icône transformée en poupée de porcelaine. Et les gens auront moins l’impression qu’on les prend pour des idiots.
Sur le même thème, je me souviens avoir lu un article qui dénonçait le lobbying exercé par les stars du PAF contre la télé numérique et la qualité d’image qui allait avec… La Télé Réalité ne serait-elle bonne que pour la star déchue ou éphémère ?
Ahah! Merci pr le commentaire.
Vous n’êtes sans doute pas passé à côté de ce que nous avions twitté récemment.
La première victime de la HD : http://www.youtube.com/watch?v=v1m8a4Jl4ZI
Moi je trouve que c’est bien, ça offre aux petits acteurs d’une cosmétique plus humaine et plus pragmatique de disrupter ce genre de conventions. Face à de telles mastodontes qui usent et abusent de ce genre de pratiques.
Ce n’est pas la fameuse SS, qui se glorifie de n’avoir jamais eu recours à la chirurgie esthétique et que tout n’est que naturel chez elle!