Demain, des agences de ramdam-marketing?

En janvier dernier, Alain Joyandet, secrétaire d’État à la coopération et à la Francophonie lançait le concours « Francomot » auprès d’étudiants et élèves en vue de produire des adaptations « françaises » de mots d’origine anglo-saxonne : « chat », « buzz », « tuning », « newsletter » et « talk ».
Quelques semaines plus tard, les résultats apparaissaient, pour le plus grands plaisir des pourfendeurs de l’académisme à la française. Best of the best : « ramdam » proposé pour remplacer « buzz ». Un choix aussi politique que cocasse.
Politique parce qu’étymologiquement, ramdam provient de l’arabe « ramadan ». Entre le débat sur l’identité nationale, celui sur le voile et une poignée de faits divers allègrement couverts par quelques médias populistes, on peut dire que le plébiscite de « ramdam » est un acte de résistance surfant avec malice sur l’actualité.
Cocasse parce que le caractère résolument old school du mot (fidèle aux adaptations littérale made in Quai de Conti) ne lui enlève pas son ultramoderne pertinence. On connait le goût des internautes pour les informations légères, décalées ou badines. La délicieuse désuétude du mot ramdam ne pouvait que susciter débat, commentaires et générer de la viralité.
D’où une question cruciale : l’économie du buzz a engendré un écosystème d’agences, cabinets et consultants spécialisés en marketing viral, buzz marketing, e-réputation…
Oseront-ils assumer leur vocation en se parant d’un terme « viral », tout comme leurs précieux conseils, qu’on ne retrouve pas toujours où il faudrait ?
L’avenir nous le dira, de bouche à oreille.
La transparence reste une vertu difficile à appréhender dans notre petit monde de la communication…
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Né Kid. Né Kid a dit: on our blog: are "ramdam agencies" gonna come up ? http://fwd4.me/DBT [...]