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Il y a un peu plus de 120 ans, l’empereur Pierre II du Brésil abdique au bénéfice d’une République fortement teintée de pensée positiviste. Le souverain sacrifie son individualité au profit de la collectivité. Un gros siècle plus tard, les brésiliens remettent ça…
Émilie avait traité du sujet il y a presque 3 ans lors de son annonce : le maire de Sao Paulo décidait de supprimer la quasi-intégralité (le restant étant assujetti à de puissantes contraintes) de la publicité urbaine.
Motifs invoqués : le bien-être de la population, l’arrêt de la « pollution », la cessation des tentations individualistes.
3 ans plus tard, Business Week consacre un article à la ville, 3 ans plus tard.
Bilan: il reste encore beaucoup publicités, les prestataires trainant un peu les pieds, encouragés par quelques instances rétives au projet : comment continuer à offrir un carnaval digne de ce nom aux habitants sans le soutien des marques ? Comment laisser s’évaporer le patrimoine architectural au nom de la présence d’une marque ou d’un nom d’enseigne sur un bâtiment ancien ?
Du côté des agences de pub et des marques, on continue à déplorer la décision, invoquant 20 000 emplois perdus, des dizaines de millions de dollars de recettes évaporées…
Côté français, alors que Paris avait lancé la réduction de sa voilure publicitaire il y a quelques mois, les mesures rentrent petit à petit en vigueur et la rue se réinvente : en témoigne cette veille INFluencia dédiée au sujet.
Sans invoquer l’éternelle tarte à la crème du calligramme chinois de la crise signifiant à la fois « crise » et « opportunité », on constate que la restriction de la pub urbaine traditionnelle a stimulé la créativité : formats numériques, street marketing, pop-up stores, affichage communicant, Vélib’, etc.
Laissons le mot de conclusion aux préceptes d’Auguste Comte : si le progrès doit passer par l’ordre, la publicité ne devrait-elle pas se réinventer de manière drastique en vue de connaitre un nouvel âge d’or ?
Pour le plaisir, le photographe brésilien Tony de Marco a immortalisé la mutation urbaine à travers des clichés surprenants :
Yes ! « Pas de créativité sans contraintes »? Allez et si on se rappelait que l’esprit humain a besoin de stimulation, d’inspiration… pour nouer des partenariats (avec les marques)?